J’ai lu l’introduction du livre qui est le livre du mois pour le club de lecture de Hazel. Le titre « Bonjour paresse » par Corinne Maier. O là là ! Je ne comprends totalement pas tous les sentiments, mais c’est bien clair que c’est un réquisitoire contre l’entreprise. Moi je ne suis pas contre l’entreprise, pourtant je suis contre les gourous du management, et surtout contre les cours inutiles que doivent subir les employés pour obtenir de la motivation et d'autres qualités désirées. A mon avis, il n’y a pas aucune meilleure manière de motiver les employés que de faire en sorte que les managers eux-mêmes soient motivés, et en plus soient approchables du personnel. Je me demande quel est la relation entre ce livre et le célèbre Bonjour tristesse???
dimanche 12 février 2012
Dimanche 12 février 2012
lundi 21 mars 2011
Lundi le 21 mars 2011
dimanche 20 mars 2011
Dimanche le 20 mars 2011
06h00 J’ai lu mes mails et j’ai répondu à un message de notre fille cadette, Sarah.
06h15 J’ai fait mes exercices des hanches, et je me suis habillé.
06h30 Je suis descendu et je suis sorti pour faire une petite promenade le long de la petite allée près de notre maison. J’ai ramassé le détritus et l’ai jeté à la poubelle. J’ai sorti la voiture et l’a garée devant la maison.
07h00 J’ai pris le petit déjeuner: une pomme, du porridge sucré avec de la mélasse raffinée, et une tasse de thé. J’ai pris mes médicaments.
07h30 J’ai donné à manger à Polly, notre petite chatte, et je l’ai laissée sortir dans le jardin de derrière. Je me suis déshabillé et je me suis lavé et rhabillé.
07h45 J’ai servi à Lois au lit du thé et une tartine de confiture pour prendre avec ses médicaments. On a parlé une demi-heure.
08h30 Je suis descendu et j’ai commencé à rédiger mon blog dans la salle à manger.
09h00 J’ai fait la vaisselle. Lois s’est levée. J’ai fait du café, Lois a préparé son petit déjeuner et on a parlé pendant qu’elle mangeait. Je suis sorti au jardin de derrière. J’ai déchiré un gros carton et j’ai jeté au bac de recyclage.
09h45 Lois est partie à l’église. J’ai mis à jour mon blog.
dimanche 27 février 2011
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part (Anna Gavalda)
V Permission
Cette histoire traite d’un jeune militaire, qui part en permission pour le weekend de son anniversaire, à l’invitation de sa mère. Il fait le voyage par le train.
Dès le début de l’histoire le lecteur prend conscience que le jeune homme a un frère ainé, et il se compare sans arrêt à ce frère, qui s’appelle Marc. Le jeune homme n’est qu’un soldat de deuxième pompe, mais son frère ainé est officier. Dans le train le jeune homme mange un sandwich minable, et il voit deux filles mignonnes, avec lesquelles il est trop timide de parler. Il réfléchit que son frère ainé se plaindrait du sandwich et draguerait les femmes.
Le jeune homme préfère travailler dans le manuel. Il préfère que “ce soit les mains qui réfléchissent“. Mais le lecteur prend conscience que le jeune homme ne s’entends pas très bien avec ses camarades dans l’armée, qui selon lui “n’ont rien“, c’est-à-dire ils manquent totalement de profondeur. Ils sont “comme des fantômes“.
Il arrive à sa ville et descend du train. Ici le lecteur lit la phrase qui constitue le titre de ce livre, “Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part“, qui souligne la solitude du jeune homme.
Naturellement, personne ne l’attend. Finalement il arrive chez lui et le portail de la maison est fermé et la maison est dans l’obscurité. Il dit que “c’est le comble“, et qu’il a comme une envie de chialer là. Mais il reprend courage quand ses chiens le saluent, et quand il entre dans la maison, il trouve une fête de surprise organisée par sa mère, sa famille, surtout son frère, et tous ses amis sont là.
Le jeune soldat s’amuse très bien pendant la fête, mais là aussi il parait que son frère prouve encore une fois sa supériorité en étant accompagné de la jeune femme, que son frère cadet a toujours convoitée, Marie.
Pendant la fête, on prend conscience d’autres exemples de la supériorité de Marc. À l’école de voile, Marc apprend facilement, et toutes les filles l’adorent, tandis que son frère cadet a mal de mer. À propos, la belle Marie aussi a participé à ce stage de voile.
À la fin de la soirée, au sou-sol, les deux frères jouent au baby-foot pour la fille, mais Marc gagne. Les filles se couchent au premier étage, et les garçons au second.
Le jeune soldat se couche sur le canapé dans le salon, “pour qu’on ne vienne plus le déranger“. Mais il ne peut pas s’endormir. Il commence à entendre du bruit dans la pièce, et allume la lumière. Il voit Marie, nue, au milieu de la pièce en train de s’emballer de papier cadeau.
La fin ironique de l’histoire: Marie est en train de s’attacher de la ficelle rouge autour de la taille et le jeune soldat lui dit de ne pas s’emballer. Il se rend compte que cette phrase a une autre signification que la physique: c’est-â-dire, ne va pas trop vite, je ne suis qu’un soldat de deuxiéme pompe, j’ai toujours mal de mer, je suis minable etc etc...
samedi 26 février 2011
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part (Anna Gavalda)
V Ambre
Cette histoire s’agit d’un homme, un musicien à succès, qui a bien conscience qu’il a trente-huit ans. Il semble qu’il a oublié une bonne partie de sa vie précédente, surtout les filles qu’il a connu. En plus il ignore tout des certains grands évènements qui se sont déroulés récemment dans le monde – par exemple il n’a pas entendu parler de la guerre du Golfe. Il semble qu’à l’époque il était un drogué.
En 1991, l’homme s’activait dans un studio d’enregistrement. Un collègue Fred fait en sorte qu’une fille photographe le suive pendant une tournée. Le musicien accepte à contrecoup, mais pour quelconque raison il s’intéresse à la fille dès qu’il la voit, et exceptionnellement, c’est une expérience dans sa vie récente, qu’il n’a pas oubliée. Ses petit seins lui plaisent, et sa façon de le vouvoyer. Elle s’appelle Ambre.
Ambre accompagne le musicien sur la tournée. Ils voyagent en voiture luxueuse. Ambre vit avec les choristes, et le musicien prend un peu ses distances, parce qu’il n’aime pas mélanger le sexe et le boulot.
À la fin de la tournée, pendant le dîner des adieux, il commence à la baratiner, mais il se rend compte qu’il a trop bu pour la baiser convenablement, et il abandonne l’idée.
Quelque mois plus tard, il retrouve Ambre dans son petit appartement avec des choristes. Ils boivent beaucoup de tequila. Une fois claquemurés dans la cuisine derrière une porte fermée à clé, elle lui montre les photos qu’elle a prises. Surprise, dans les photos on voit seulement les mains du musicien. Ambre dit que c’est la seule chose qui n’est pas déglingué chez le musicien. Le musicien lui demande si son cœur aussi est déglingué, qui semble être le début de leur petite aventure.
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part (Anna Gavalda)
IV The Opel Touch
Cette histoire traite d’une jeune femme qui habite Melun et des frustrations de sa vie. Le lecteur voit encore une fois le style ironique de l’auteur.
Chaque jour elle va à la fac, à midi elle mange chez elle et puis retourne à la fac pour l’après-midi. Elle fait des études du droit, mais entièrement sans enthousiasme. Elle dit qu’il faut aller à la fac pendant 10 ans pour faire un métier dont on n’a pas envie.
Et la vie quotidienne de cette jeune femme est très fatiguante aussi, et la routine de son existence et la manque de charme de la ville de Melun la dépriment de temps en temps.
C’est le printemps, mais ça semble augmenter son mécontentement. C’est la saison des amours, elle voit partout les couples amoureux, mais de sa part elle manque d’amour dans sa vie.
À ce point le lecteur prend conscience de l’autre partie de la vie de cette jeune femme, c’est son petit boulot chez “Pramod“, un magasin de vêtements prêt-à-porter pas trop chers, de qualité médiocre. Là aussi la femme ne montre pas d’enthousiasme pour cette partie de sa vie. C’est seulement pour l’argent qu’elle travaille dans le magasin, pour pouvoir acheter ses cigarettes, ses vêtements, son parfum, et bref pour pouvoir s’amuser les soirs, aller au cinéma etc.
Elle n’aime pas son boulot, mais cet argent la protège des ennuis de la vie, par exemple le parfum bon marché, le Vidéo Club de Melun, et la bibliothèque.
Mais pour garder son boulot elle doit être patiente, quand la gérante du magasin, sa patronne lui parle. Sa patronne est une femme “vulgaire“ qui ne sait pas écrire correctement le français. Par conséquent, la jeune femme doit “gérer sa gérante“. Cela dit, la jeune femme sait bien choisir des vêtements pour ses clients, parce que « je les regarde… j’aime regarder les gens, surtout les femmes ». Mais elle manque quand-même d’amour dans sa vie.
Dans la dernière partie de cet aperçu de la vie de cette jeune femme, on la voit essayer de s’amuser le samedi soir, avec ses copines dans le bar Le Milton.
Elle croise là une « minette » avec qui elle était en terminale, et qui a passé du temps en Californie, mais sa réponse à la minette n’est pas enthousiaste, par jalousie peut-être.
Elle croise un jeune homme. Le compte-rendu de leur conversation est très comique, très marrant. Le jeune homme paraît adresser ses remarques aux seins de la jeune femme. Ce jeune homme ne l’intéresse pas évidemment. Là aussi plus de mécontentement et frustration pour la jeune femme.
Elle sort du bar. Elle dit qu’elle voudrait être « n’importe où mais pas ici ». Finalement elle téléphone à sa sœur, qui vient la chercher. Elles aperçoivent un ancien prétendant de la sœur qui a une Opel. « Elles se marrent comme des baleines » au détriment du jeune homme et son style de vie.
Les deux femmes retournent à l’appartement de la sœur. Le lecteur prend conscience que sa sœur est mariée avec des enfants. Son mari et ses enfants dorment. Les deux femmes bavardent ensemble, et la jeune étudiante exprime ses frustrations et son manque d’amour. « Mon cœur est comme un grand sac vide ».
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part (Anna Gavalda)
III Cet homme et cette femme
This is a short story taken from a book by Anna Gavalda, called Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ISBN 2-84263-025-4
Cet Homme et Cette Femme
Cet homme et cette femme sont dans une voiture étrangère. Cette voiture a coûté trois cent vingt mille francs et, bizarrement, c’est surtout le prix de la vignette qui a fait hésiter l’homme chez le concessionnaire.
Le gicleur droit fonctionne mal. Cela l’agace énormément.
Lundi, il demandera à sa secrétaire d’appeler Salomon. Il pense un instant aux seins de sa secrétaire, très petits. Il n’a jamais couché avec ses secrétaires. C’est vulgaire et ça peut faire perdre beaucoup d’argent à nos jours De toute façon, il ne trompe plus sa femme depuis qu’ils se sont amusés un jour, avec Antoine Say, à calculer leurs pensions alimentaires respectives pendant une partie de golf.
Cette homme et cette femme : anonyme, soulignant la grisaille de leurs vies, le manque d’amour, de passion et de vraies sentiments. Le prix de la vignette – c’est une facette de la personnalité de l’homme qu’il se fâche pour des petites raisons, pour des bricoles.
De la même façon le gicleur droit qui fonctionne mal, c’est une petite chose, mais cela l’agace énormément. On apprend que l’homme est une personne de quelque importance : il a une secrétaire, qui peut appeler pour lui Salomon, le concessionaire, l’homme ne doit pas lui-même l’appeler. On apprend que l’homme regarde sa secrétaire d’une façon sexuelle : il a remarqué ses petits seins – il n’a pas quand-même couché avec elle. L’auteur utilise le mot « vulgaire » entre guillemets – l’homme trouve ça vulgaire de coucher avec sa secrétaire, autrement dit il a des prétensions sociales. Le lecteur se rend compte que l’homme ne manque pas d’argent. Une voiture très chère, et il pense qu’il perdrait une grande somme d’argent en case de divorce.
Ils roulent vers leur maison de campagne. Un très joli corps de ferme situé près d’Angers. Des proportions superbes.
Ils l’ont achetée une bouchée de pain. Par contre les travaux . . .
Boiseries dans toutes les pièces, une cheminée démontée puis remontée pierre par pierre pour laquelle ils avaient eu le coup de foudre chez un antiquaire anglais. Aux fenêtres, des tissus lourds retenus par des embrasses. Une cuisine très moderne, des torchons damassés et des plans de travail en marbre gris. Autant de salles de bains que de chambres, peu de meubles mais tous d’époque. Aux murs, des cadres trop dorés et trop larges pour des gravures du XIXe, de chasse essentiellement.
Tout cela fait un peu nouveau riche mais, heureusement, ils ne s’en rendent pas compte.
La description de la maison de campagne : « un très joli corps de ferme » et tout ça, c’est la première expression positive dans cette nouvelle, la première expression d’enthousiasme et « d’amour ». L’auteur utilise l’expression « coup de foudre ». C’est clair que la restauration de la maison c’est un œuvre d’amour pour le couple, pas seulement le mari mais la femme aussi. Ils ont montré de l’enthousiasme et d’organisation, attention aux détails etc. Ils ont été attentifs de créer une maison dans un style approprié par rapport à l’époque où la maison était originalement construite. Mais il y a quand-même une insinuation que leur goût n’est forcément pas le meilleur possible !
On apprend ici que l’homme a franchi le cap de la cinquantaine. On apprend aussi que pour cet homme sa tenue vestimentaire est très importante : le style de sa tenue l’obsèdent peut-être.
Il conduit relativement vite. Il est pensif. En arrivant, il ira voir les gardiens pour parler avec eux de la propriété, du ménage, de l’élagage des hêtre, du braconnage . . . Et il déteste ça.
Il déteste sentir qu’on se fout de sa gueule et c’est bien ce qui se passe avec ces deux-là qui se mettent au travail le vendredi matin en traînant les pieds parce que les patrons vont arriver le soir même et qu’il faut bien donner l’impression d’avoir bougé.
Il devrait les foutre à la porte mais, en ce moment, il n’ vraiment pas le temps de s’en occuper.
C’est clair que l’homme déteste les détails de l’entretien de leur maison de campagne et il n’aime pas discuter avec les gardiens.
Il est fatigué. Ses associés l’emmerdent, il ne fait presque plus l’amour à sa femme, son pare-brise est criblé de moustiques et le gicleur droit fonctionne mal.
En somme, l’homme est de très mauvaise humeur en ce moment. Il est fatigué, il déteste ses collègues de travail, il n’aime kpas sa femme. Mais il s’est fait piégé de sa situation, le boulot, et le mariage. La source fondamentale de ses difficultés c’est le besoin de conserver son argent, sa fortune. Et il sent profondément en plus les petites tracasseries, les petits ennuis du voyage : les moustiques sur le pare-brise et le gicleur qui ne fonctionne pas bien. Un voyage d’enfer !
La femme s’appelle Mathilde. Elle est belle mais on voit sur son visage tout le renoncement de sa vie.
Elle a toujours su quand son mari la trompait et elle sait aussi que, s’il ne le fait plus, c’est encore pour une histoire d’argent.
Pour la première fois l’auteur se concentre sur la femme. On voit sur son visage tout le renoncement de sa vie. Elle n’a plus d’illusions sur son mari – elle sait qu’il la trompait par le passé, mais maintenant l’argent est beaucoup plus important que les plaisirs de l’infidelité.
Elle est à la place du mort et elle est toujours très mélancolique pendant ces interminables allers-retours du week-end.
Elle déteste ces interminable allers-retours du weekend ; voyage d’enfer avec son mari. Ils ne discutent pas, il y a seulement le radio. Et c’est très long, ce voyage. La maison de campagne est près d’Angers, mais le couple vit en Bretagne. Ils doivent voyager pendant plusieurs heurs pour arriver à Angers.
Elle pense qu’elle n’a jamais été aimée, elle pense qu’elle n’a pas eu d’enfants, elle pense au petit garçon de la gardienne qui s’appelle Kevin, et qui va avoir trois ans en janvier . . . Kevin, quel prénom horrible. Elle, si elle avait eu un fils, elle l’aurait appelé Pierre, comme son père. Elle se souvient de cette scène épouvantable quand elle avait parlé d’adoption . . . Mais elle pense aussi à ce petit tailleur vert qu’elle a entraperçu l’autre jour dans la vitrine de chez Cerruti.
L’auteur nous donne une idée des sources de la tristesse et la renonciation de la femme : qu’elle n’a jamais été aimée, elle n’a pas d’enfants. Elle pense à Kevin, le petit fils de la gardienne, mais là aussi, il y a une ébauche de snobisme. Elle déteste le nom Kevin. Là aussi, nous voyons une concentration sur le superficiel. A la fin du paragraphe on apprend que pour la femme ainsi que pour son mari, le style vestimentaire, la tenue vestimentaire est très importante – elle pense à un tailleur vert qu’elle a entraperçu dans une vitrine.
Ils écoutent Fip. C’est bien, Fip : de la musique classique que l’on se sait gré de pouvoir apprécier, des musiques du monde entier qui donnent le sentiment d’être ouvert et des flashs d’information très brefs qui laissent à la misère à peine le temps de s’engouffrer dans l’habitacle.
L’auteur suggère que le couple cherche tous les deux éviter les horreurs du voyage et les horreurs de leur relation stérile par écouter ces émissions de Fip : des émissions d’un goût apparemment culturel et intellectuel, mais en fait avec des prétensions très limitées au niveau culturel.
Ils viennent de passer le péage. Ils n’ont pas échangé une seule parole et ils sont encore assez loin.
En somme, le voyage d’enfer !!!!
L’homme : riche, dans un poste executif avec secrétaire, il joue au golf, il n’aime pas ses collègues de travail ; infidèle par le passé, mais maintenant pas, en raison de peur qu’il devrait payer une grande pension alimentaire ; il n’aime pas sa femme, la possibilité d’avoir des enfants (naturel ou par adoption) ne l’intéresse pas du tout ; il a une maison de campagne qu’il a restauré et qui surtout le remplit d’enthousiasme – il a des prétensions culturelles, des prétensions de style culturel et style vestimentaire. Il a l’habitude de se concentrer sur les petites ennuis, les petites tracasseries de sa vie.
La femme : joli, mais sa renonciation a marqué son beau visage. Elle n’a pas d’illusions par rapport à son mari – elle sait qu’il ne l’aime pas, elle sait qu’il la trompait par le passé. Elle a voulu avoir des enfants (soit naturels ou par adoption) mais ça il a refusé tout net. Elle a des prétensions sociales quand même et sa tenue vestimentaire est une facette importante de sa vie.
La maison de campagne
Leur vie de couple : ils restent ensemble pour des raisons financiers, pas pour l’amour. Ils ne parlent pas l’un à l’autre.
vendredi 25 février 2011
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part (Anna Gavalda)
II Interruption involontaire de grossesse (IIG)
Le titre nous dévoile immédiatement le dénouement de cette histoire, c’est un peu dommage. Une femme croit qu’elle est enceinte avec son deuxième enfant, et elle prend un test de grossesse, qui s’avère positif. Elle est calme mais elle est très contente, et elle est de très bonne humeur tout le temps pendant les premières semaines et mois de la grossesse, et elle pense sans arrêt à son nouveau bébé. Son mari aussi est très content de la perspective d’augmenter leur petite famille. La femme n’est pas inquiété, elle est calme, elle a confiance. Elle connait déjà tous les étapes du processus, ce n’est pas son premier enfant. Rien n’indique que tout ne va pas bien.
Le lecteur prend bientôt conscience qu’un autre évènement approche, le mariage de sa cousine, auquel elle va assister avec son fils, qui sera garçon d’honneur. Elle prend plaisir à choisir une robe pour le mariage.
La grossesse continue. L’été vient, et la chaleur, son ventre est devenu gros, mais elle reste de bonne humeur. Son mari bricole pour retaper et aménager une petite pièce pour le nouvel enfant.
Le « rebondissement » tragique dans cette histoire, au début si heureuse, vient avec la visite du seizième mois chez le gynécologue, la visite qui arrive juste avant le mariage de sa cousine. La description de la visite commence dans le même ton qu’on voit dans les paragraphes précédents. La visite, c’est une question de routine. C’est un peu inconvenant juste avant le mariage. A part le titre de l’histoire, rien n’indique au lecteur la tragédie qui va se dérouler, quand le gynéco trouve que le bébé n’est plus en vie.
La réaction de la mère est calme, elle refoule sa tristesse et le gynéco fait l’éloge de son sang-froid. Mais l’auteur ne nous laisse aucun doute quant à la tragédie que la femme devra subir pour donner naissance à son bébé mort après le mariage de sa cousine. La tragédie est soulignée par le geste d’une invitée au mariage qui pose ses mains sur la ventre de la mère parce qu’elle croit que ça porte du bonheur. Quelle ironie ! Mais la mère maintient son sang-froid et arrive à sourire à la femme.
L’histoire célèbre le courage de cette femme qui doit subir cette épouvantable tragédie. Elle est déterminée de ne pas gâcher le mariage de sa cousine, et elle ne perd pas sa dignité et sa contenance.
jeudi 24 février 2011
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part (Anna Gavalda)
I Petites pratiques germanopratines
Le titre: un peu ironique, comme le texte lui-même. J'aime bien le ton ironique de cette histoire!
Résumé : Une jeune femme qui travaille dans l’édition et qui a une bonne opinion d’elle-même (elle se dit mignonne, élégante, avec des goûts littéraires) croise un homme élégant sur le boulevard Saint-Germain. Cet évènement la fait penser à un poème de Baudelaire, “La Passante“, qui traite d’un rencontre entre le poète et une femme passant dans la rue, une femme qu’il aurait voulu aimer. L’insinuation est que le poète ne la revoit jamais, et donc c’est très romantique, un instant d’amour qui ne devient rien, mais que le poète n’oublie jamais.
Mais dans le cas de la jeune femme sur le boulevard Saint-Germain, l’homme la poursuit et lui demande si elle veut le retrouver le soir au même endroit. Elle accepte à contrecœur. Pour elle, la réalité est moins romantique que le poème de Baudelaire. L’homme la poursuit, sa voix est ordinaire. À la fin de cette rencontre, l’homme est très content de lui, mais la femme est un peu troublée. L’après-midi dans son bureau elle devient de plus en plus nerveuse.
Le soir, avant de retrouver le jeune homme, elle passe quelques instants dans un bar ordinaire fréquenté par des gens communs. Elle décrit l’ambiance est les clients avec un peu de snobisme. Mais c’est bien écrit. Sa description évoque très vivement le bar et les clients.
Le couple entre dans un petit bistro, que le jeune homme aime et fréquente. La femme critique silencieusement la tenue de l’homme. Elle prend conscience que l’homme la trouve attirante, et qu’il s’intéresse à ce qu’elle porte sur les jambes : des bas ou un collant.
Après le plat principal, le côté romantique du rendez-vous est un peu abîmé par le portable de l’homme. Il est évident que la femme, ainsi que les autres clients, détestent les portables.
Mais après le dessert l’ambiance romantique retourne. Tout semble aller bien jusqu’à ce qu’ils reprennent leurs manteaux pour partir. L’homme ne peut pas résister à sortir son portable et examiner ses messages. La femme se met en colère : il s’intéresse plus à son portable et ses messages qu’à elle et à son beau corps, ses épaules tellement « rondes et tièdes ».
Elle décide de rentrer seule, mais elle est fière qu’elle garde sa dignité. Elle lui demande de la raccompagner aux taxis. L’homme ne réalise pas qu’il a déjà perdu l'occasion d'avoir une aventure romantique avec elle, et il lui donne son numéro de téléphone.
Elle finit la soirée en exprimant sa haine de Baudelaire et les portables. Pour elle la côté romantique de cette expérience, tellement prometteuse, a entièrement disparu.
mardi 18 janvier 2011
La légende de Saint-Julien l’hospitalier ; quelques commentaires générales
Ce conte m’a plu mais pour moi il y a beaucoup d’éléments troublants dans l’histoire.
Surtout il y a ce côté sensation dans les œuvres de F. Dans ce conte, il y a surtout la recherche du sensationnel dans la violence extrème, l’érotisme de la violence sadique, l’ectasie de la violence sadique.
Pour l’écrivain sensation, l’essence ou au moins un élément très important c’est souiller ou salir la pureté de quelque chose. Dans ce conte il y a un décor de pureté, de blancheur, de silence, de sainteté, d’un paradis idyllique, même le monde des animaux sauvages est décrit d’une façon idyllique ou féerique. Ce monde pur, religieux, tranquille, idyllique est souillé ou sali par la violence de Julien. La blancheur de ce monde est souillée ou sali par le carnage, des litres de sang. Le silence du château, l’atmosphère et le style ecclésiastique des bâtiments, le manque de dialogue, le silence de ses parents, la blancheur de ses parents, la blancheur de la petite souris, la mort de la souris dans l’église, la tranquillité du palais où Julien s’installe avec sa femme, l’image idyllique de la famille du cerf et les autres créatures que tue Julien.
L’escalade ou l’intensification de la violence – sa première victime est une souris, sa dernière un énorme cerf.
L’ectasie de Julien quand il tue un animal ou un oiseau ressemble à l’ectasie amoureuse. Même comme petit enfant, il pousse des cris en écoutant les histoires de blessures prodigieuses. Un autre exemple vient après la mort du pigeon.
Le carnage et les massacres me rappellent les jeux vidéos violents dans lesquelles des personnes ou des animaux apparaissent soudain et le joueur doit les tuer immédiatement si possible, ou les films violents, par exemple, des années soixante-dix.
Autres éléments érotique : l’étreinte du lépreux et Julien – « bouche contre bouche » - trop de détail ! La description du carnage et la réaction presque érotique de Julien.
La blancheur me rappelle sa mère (très blanche !), la souris, les draps où dormaient ses parents, la barbe blanche de son père, les cheveux blancs de Julien etc.
Le manque de dialogue est rompu par les prédictions, ce qui leur donne beaucoup d’importance. Toutes les prédictions sont données par des personnages insolites, qui augmente l’importance de leurs mots. Les contradictions des prédictions – le lecteur arrive à connaître le déroulement général de l’histoire, mais pas les détails exacts des évènements.
mardi 4 janvier 2011
La légende de Saint-Julien l’hospitalier (3)
La légende de Saint-Julien l’hospitalier
Le troisième chapitre
La vie de Julien comme mendiant : Dans ce passage l’écrivain souligne l’isolation de Julien, qui mendie sa vie par le monde. Les gens l’évitent, même les animaux l’évitent. Il ne peut pas oublier son crime - la rosée lui rappellent les gouttes de sang, et le soleil, tous les soirs, étalent du sang dans les nuages. Et toutes les nuits il rêve encore son crime, le massacre de ses parents. Il se déteste.
Julien veut mourir : Il ne peut pas oublier son crime, et il devient désespéré. Il n’a plus peur de mourir, et il entreprend quelques actes très courageux pour sauver des personnes en danger, avec succès. Mais pour lui sa vie est devenue intolérable, et il se décide de mourir. Sur le point de se noyer dans une fontaine, il a une vision d’un vieillard, qui lui rappelle son père et pour quelconque raison il cesse d’essayer de se tuer.
La décision de Julien d’employer son existence au service des autres : après beaucoup de vagabondages il arrive à un fleuve où il voit l’occasion d’aider des gens de traverser. Avec beaucoup de difficulté il réussit à établir une chaussée sur la berge et il répare un bateau pour transporter des gens d’un bord à l’autre. Il bâtit aussi une petite cahute pour lui-même, qu’il habite. Il sacrifice désormais tout pour aider des autres. Il ne demande pas d’argent pour transporter des voyageurs. Il souffre même des insultes à l’occasion. Sa vie est très simple, avec peu de mobiliers. L’écrivain souligne l’isolation et la rigueur de sa vie, particulièrement en hiver. Pour se réconforter il pense parfois à la vie de sa jeunesse, dans le château avec ses parents, mais ça aussi lui rappelle la tragédie de leur mort.
Le salut de Julien : une nuit Julien a une vision d’un lépreux qui l’attend sur l’autre berge du fleuve. Julien réussit de ramener le lépreux à sa cahute malgré un orage terrible. Une fois dans la cahute, le lépreux exprime ses grands besoins - il a faim, il a soif, il a froid, il dit qu’il meurt de froid dans le lit de Julien et demande que Julien l’enlace et se colle contre lui. Et chaque fois Julien lui donne avec générosité illimitée ce dont le lépreux a besoin. La scène de l’étreinte entre les deux hommes est peut-être un peu bizarre, mais la réaction de Julien montre qu’il ne pense pas du tout à l’aspect physique du lépreux. C’est peut-être l’épreuve ultime pour Julien. Il donne tout au lépreux sans hésiter, sans broncher, sans sourciller. La récompense pour Julien c’est que cette étreinte ne s’avère pas horrible mais merveilleuse, joyeuse, et Julien s’envole vers les espaces bleues pour se trouver face à Notre-Seigneur Jésus, et finalement Julien devient saint.
dimanche 19 décembre 2010
La légende de Saint-Julien l’hospitalier (2)
La légende de Saint-Julien l’hospitalier
Le deuxième chapitre
Les aventures militaires de Julien : les aventures militaires de Julien, dans lesquelles il connaît beaucoup de succès (par exemple en tournant une masse d’armes il tue quatorze cavaliers), nous rappelle des massacres d’animaux que Julien a commis avant de partir du château. Dans ses aventures militaires aussi il est encore invincible, juste comme dans ses sorties de chasse auparavant.
Mais le prestige de Julien s’étend au delà du succès militaire. Il paraît qu’il devient célèbre dans le monde entier, non seulement à cause de sa prouesse militaire mais aussi en raison de ses capacités diplomatiques. Il devient l’ami des rois. Il semble qu’il excelle dans tous les domaines humains.
Il devient une sorte de messie. On voit sa bienveillance envers les défavorisés, les pauvres, les malades, les vieux, et aussi les gens d’église. L’approbation de Dieu est mentionnée explicitement : c’est grâce à la faveur divine qu’il n’est pas tué. Et l’écrivain nous rappelle la prédiction du cerf, parce qu’il écrit que Julien fait attention quand il rencontre n’importe quel vieil homme, parce qu’il a peur de le tuer par méprise.
Julien accourt à l’aide de l’empereur d’Occitanie : l'histoire de l’expulsion et punition du calife souligne son soutien du monde chrétien contre les Musulmans, et souligne surtout que Julien est un bon servant du Dieu chrétien.
La reconnaissance de l’empereur des services de Julien : Julien refuse tous les cadeaux matériels que l’empereur essaye de lui donner. Et ici encore on voit l’idéal chrétien : quelqu’un qui ne cherche pas de récompense matériel quand il poursuit une cause, qu’il croit juste. Mais Julien ne peut pas résister à l’amour, ni aux charmes de la fille de l’empereur. On constate que l’écrivain ne révèle pas le nom ou prénom de cette fille, ni de son père. Mais on peut lire la description de la mine et la tenue de la fille, et on comprend que c’est une beauté, et après tout c’est ce qu’il fait que Julien ne peut pas y résister.
La description du palais : la description du palais souligne la magnificence du bâtiment et de ses alentours. C’est de quelque manière la description d’une sorte de Paradis. Pour moi l’aspect le plus frappant, c’est le silence du palais. L’écrivain dit qu’il y a partout un tel silence qu’on étend le frôlement d’une écharpe ou l’écho d’un soupir.
Julien lutte contre son désir de chasser et tuer : pour moi l’aspect le plus intéressant de ce passage, c’est la juxtaposition des images presque paradisiaques d’animaux de toutes espèces, le jardin d’Éden et l’arche de Noé, avec les pensées de massacre, qui occupent Julien, et sa dépression. Et encore ici l’écrivain nous rappelle encore une fois la prédiction du cerf, et la crainte de Julien qu’il va tuer un jour ses parents.
Les efforts de la femme de Julien de guérir la dépression de Julien : encore ici l’écrivain nous montre des images presque paradisiaques - les voyages en bateau où Julien et sa femme voient les poissons dans l’eau claire, la musique de la mandoline, duquel sa femme joue pour le plaisir de son mari. Elle essaye de soulager ses craintes vis-à-vis de la mort de ses parents, et le lecteur a de plus en plus des sentiments d’appréhension à cet égard !
Julien cède finalement à la tentation et va à la chasse : quand finalement Julien cède à la tentation et va à la chasse, il dit que c’est pour obéir à sa femme, mais on soupçonne qu’il suit une pulsion qui lui est irrésistible et instinctive, déclenché par des apparences d’animaux sous sa fenêtre. Sa femme s’inquiète, ce qui nous rappelle la prédiction du cerf par rapport à la mort des parents de Julien. C’est intéressant que Julien soit lui-même surpris de l’inconséquence de son humeur, un rare aperçu sur sa façon de penser.
L’arrivée des parents de Julien juste après son départ à la chasse : ici encore on aperçoit la timidité relative des parents de Julien, qui d’abord ne révèlent pas leur identité, jusqu’à ce que la femme de Julien les rassure que Julien les aime encore. L’écrivain souligne la faiblesse et la pauvreté des deux vieux après de longues années de voyage, et leur joie en rencontrant leur belle-fille. Le père de Julien se rappelle les paroles du mendiant (du Bohème) quand il apprend que cette femme est la fille de l’empereur (le mendiant a dit les paroles “toujours heureux, la famille d’un empereur). Et pour quelconque raison (pas entièrement claire), la mère de Julien pense aux prédictions de l’ermite, qui néanmoins n’a pas mentionné un empereur, et n’a dit que Julien sera un saint. Pourtant les parents de Julien n’ont rien à craindre en ce moment. Et par exemple sa père ne pense pas aux mots “beaucoup de sang“, que le mendiant a prononcés.
C’est intéressant qu’ici pour la première fois, l’écrivain nous fasse savoir quelque chose de l’apparence des deux parents de Julien. Le lecteur apprend pour la première fois la beauté de sa mère et le port digne de son père, des qualités qui sont encore évidentes à la femme de Julien, bien qu’ils soient maintenant très vieux.
Finalement la femme de Julien couche les deux vieux dans son propre lit et le passage se termine avec une image de la nature et du monde animal, les pépiements des petits oiseaux comme le jour vont commencer, lien au monde extérieur et au monde de la nature, où se trouve à ce moment Julien lui-même, encore engagé dans la chasse.
Les aventures de Julien pendant sa nuit frénétique de chasse, de frustration et d’humiliation : une nuit frustrante pour Julien - d’abord il ne trouve pas de bêtes, puis plus tard, quand il en voit beaucoup, il découvre qu’il ne peut plus les tuer. Par contre, les animaux semblent vouloir se venger de Julien, ils le chassent, ils l’entourent, ils se moquent de lui, comme dans un cauchemar. Et voici la dernière image de ses actions, c’est particulièrement comme un cauchemar : il croit quelques instants qu’il a réussit à attraper une perdrix rouge, mais en fait elle est morte depuis longtemps et pourrie. À la fin de ce passage, on voit un pressentiment de la tragédie qui va se dérouler bientôt. Julien est tellement furieux à cause de son incapacité de massacrer des fauves, qu’il est pris par un désir de massacrer des hommes.
Le meurtre des parents de Julien : Quand Julien tue ses parents, c’est un crime de passion, de jalousie sexuelle. Il commet le crime sans rien dire, sans pouvoir voir clairement les visages des deux personnes dans le lit de sa femme, et à cause de ça il prend son père pour l’amant de sa femme. Immédiatement après le meurtre Julien croit entendre le bramement du cerf au loin. Dans la description des deux morts on voit encore le contraste entre la blancheur des victimes et la couleur du sang.
La réaction de Julien est de s’isoler absolument de sa femme et de la communauté. Il paraît qu’il assiste aux funérailles mais pas ouvertement : il est déguisé en moine. Finalement dans les mots de l’écrivain, il prend la route des montagnes, et après s’être retourné plusieurs fois, il disparaît. Il se retourne plusieurs fois, c’est-à-dire qu’il comprend très bien qu’il a été expulsé du Paradis.
mercredi 15 décembre 2010
La légende de Saint-Julien l’hospitalier
La légende de Saint-Julien l’hospitalier
Le premier chapitre
La description du château. Dans cette description du château, où habitent les parents de Julien, on s’aperçoit immédiatement de la grandeur, de l’immensité physique du bâtiment et des terres, de l’abondance (les vins, l’argent, la grande cuisine où on peut faire tourner un bœuf sur la broche etc.), et aussi de l’ambiance de calme. Il y a aussi l’ambiance d’un bâtiment ecclésiastique : le dallage de la cour ressemble à celui d’une église, l’archer s’endormit comme un moine, il y a une chapelle somptueuse comme l’oratoire d’un roi.
Le châtelain. Il semble que le châtelain est un homme calme, peut-être peu démonstratif, qui prend au sérieux ses responsabilités vis-à-vis de ses paysans, en leur administrant la justice et en apaisant ses querelles. Peut-être c’est un homme religieux, parce qu’il méprise l’étuve à la romaine. On ne lit rien de ses caractéristiques physiques.
La châtelaine. On lit que la châtelaine est un peu fière et sérieuse. On devine que c’est une femme très calme, comme son mari. Elle est très blanche, qui semble signifier qu’elle ne sort pas souvent, et on sait qu’elle s’occupe des tâches des servantes, et aussi des tâches féminines traditionnelles - la broderie etc. On peut conclure qu’elle est religieuse, parce qu’elle prie Dieu pour un enfant ou peut-être explicitement un fils.
La fête de la naissance de Julien au château. La fête somptueuse au château, qui dure quatre nuits, nous rappelle la richesse du châtelain et de la châtelaine. Le divertissement du nain qui sort d’un pâté pourtant semble un peu incongru. Il se peut que le nain symbolise le nouveau-né ? Ce divertissement me paraît un peu vulgaire, mais c’est possible qu’il était destiné seulement aux paysans qui assistaient. L’excès des grandes réjouissances semble un peu inattendu, et c’est un peu surprenant que la châtelaine n’assiste pas aux fêtes, mais c’est peut-être plus normal par conséquent que seulement la châtelaine voit l’ermite.
La vision de l’ermite. Cette petite anecdote aussi, dans laquelle la châtelaine est visitée par un ermite, donne une ambiance religieuse à la naissance de Julien. La plupart des ermites sont des personnages religieux. En plus cet ermite porte un chapelet, et il dit à la châtelaine que son fils sera un saint, la châtelaine entend les vois des anges, et la toute histoire est décrit comme une communication du ciel. La châtelaine ne parle à personne de cette histoire, ce qui suggère que c’est une personne vraiment sincère, qui ne cherche pas de gloire pour elle-même.
La vision du mendiant : la vision du mendiant que voit le châtelain donne un degré de parallélisme entre le châtelain et son épouse. Ils sont bénis, tous les deux, d’une vision, et tous les deux ils font preuve de la discrétion et ils n’en parlent pas trop. Dans le cas du châtelain, il a peur que les gens se moqueraient de lui. Pour nous les lecteurs les mots précises du mendiant sont très intéressants, “Ah, ton fils - beaucoup de sang, beaucoup de gloire. Toujours heureux ! La famille d’un empereur“ nous tiennent en haleine, et nous nous demandons ce qui arrivera au petit Julien? On doit constater que le châtelain lui-même doute des promesses du mendiant, et doute de sa vision. Par contraste avec la vision de la châtelaine, les promesses du mendiant concernent pour la plupart des splendeurs temporelles ou séculières (pas religieuses) qui sont destinées à Julien : la gloire, le bonheur, et l’association avec l’empereur.
La petite/première enfance de Julien : La petite enfance de Julien : Ce paragraphe souligne au début le parallélisme entre les deux parents vis-à-vis de leur petit fils. Ils se cachent leur secret, et ils chérissent Julien d’un pareil amour. Ils prodiguent des soins hors normes à leur enfant. Et on s’aperçoit encore les références religieuses : les parents respectent leur fils comme marqué de Dieu (soit pour du bien ou du mal), et on lit qu’il ressemble à un petit Jésus. Il s’agit d’un enfant spécial et pas complètement naturel, parce que les dents lui poussent sans qu’il pleure une seule fois.
La première éducation de l’enfant : la description de la première éducation de Julien (l’Écriture, la numération, les lettres, les peintures) nous donne l’impression d’un enfant calme et studieux, qui est à l’aise avec ses circonstances. L’enfant n’a pas peur de la solitude.
La description de visiteurs au château (des marchands, des pèlerins, les vieux compagnons d’armes du châtelain : ce passage donne au lecteur plus de détails informatifs sur la vie de cet époque, mais l’aspect le plus intéressant c’est la réaction de Julien aux anecdotes des vieux compagnons d’armes : il pousse des cris en les écoutant. Néanmoins on continue de constater la gentillesse de Julien, qui fait l’aumône parmi les pauvres après l’angélus. C’est intéressant la réaction de ses parents. Son père croit que son fils deviendra un conquérant, sa mère croit qu’il sera archevêque - ça colle à ses visions précédentes !
L’incident avec la souris dans l’église : dans ce passage on voit Julien pour la première fois commettre un petit acte de violence, quand il tue la petite souris. Mais on constate qu’il est encore un peu timide, et il prend du temps pour avoir le courage de le faire. On s’aperçoit aussi que la souris est blanche, ce qui ferait plus évidents son sang et sa mort, et on s’aperçoit aussi du désir de Julien de commettre l’acte discrètement. Il essuie la dalle, et jette la souris dehors, et ne parle à personne de l’incident. Néanmoins la réaction de Julien à cet acte de violence semble plutôt tiède - on devine un degré de timidité de sa part, et il n’est pas clair qu’il se réjouit de son acte. L’écrivain nous dit que Julien est stupéfié. On dirait aussi qu’il y a un degré d’ironie dans le fait que l’orgie de sang qui va se dérouler commence dans une église.
La mise à mort des oisillons et du pigeon : on voit pour la première fois le coté malicieux de Julien. La mort des oisillons le fait rire de bonheur. Le pigeon il tue à main nu en l’étranglant. Le mort du pigeon se passe lentement, et il y a plein d’émotion dans le récit : l’écrivain décrit les convulsions et les palpitations de l’oiseau, et aussi la volupté sauvage de Julien, qui à la fin se sentit défaillir, comme en extase.
L’éducation en vénerie : la mort du pigeon semble montrer un Julien un peu plus mûr, et c’est peut-être significatif que son père, qui ne sait rien de la mort du pigeon, néanmoins reconnaît cette nouvelle maturité en annonçant que Julien, à l’âge de 7 ans, doit apprendre la théorie de la vénerie. La description plutôt académique de l’art de la vénerie et les tactiques contraste avec le simple plaisir animal de Julien, que nous avons déjà vu.
La description de la meute et de la fauconnerie, et des instruments et des méthodes de la vénerie traditionnelle : cette description est très détaillée, et là aussi on perçoit immédiatement le contraste entre les méthodes compliquées de la vénerie traditionnelle et les méthodes plus simples favorisées par Julien.
Le style de Julien : l’écrivain décrit les méthodes favorisées par Julien - il préfère chasser loin du monde avec son cheval et son faucon, et ses chiens. Et c’est clair que Julien aime participer lui-même à la mise à mort de sa proie, ne laissant pas la tâche à ses chiens, mais administrant souvent lui-même le coup funeste. On aperçoit que Julien est entièrement accroc à la vénerie, qu’il poursuit tout seul. Il tue énormément de bêtes de divers espèces avec divers armes et objets. Il ne pense à rien d’autre de l’aube à minuit. Il est obsédé, et l’étreinte de sa mère ne l’émeut pas, elle le laisse froid.
La sortie qui a commencé un matin d’hiver : on lit la description de plusieurs mises à mort, un véritable massacre - des lapins, un coq de bruyère, deux boucs sauvages au bord d’un abîme, des grues qui volaient très bas, un castor au mile d’un lac, des chevreuils, des daims, des blaireaux, des paons, des merles, des geais, des putois, des renards, des hérissons, des lynx, une immense orgie de sang. Et le massacre n’arrête pas – Julie tue une ribambelle de cerfs qui remplit toute une vallée. Le massacre est décrit comme un rêve, ou plutôt un cauchemar, à cause de l’immensité du massacre et parce que Julien l’a trouvé si facile de tuer tellement de bêtes. Pour souligner le caractère terrible du massacre, l’écrivain nous dit que comme la nuit va venir, le ciel est rouge comme une nappe de sang. Julien pourtant est en extase.
La malédiction du cerf : Finalement Julien attaque un petit groupe - un cerf, une biche et son faon, et après la mort de la biche et son faon, le cerf maudit Julien juste avant de mourir. Il prédit que Julien va tuer son père et sa mère.
Les mots du cerf et le silence de Julien nous rappelle que jusqu’ici on n’entend la voix d’aucun personnage sauf de ceux qui font des prédictions par rapport de Julien. Il n’y a pas de dialogue entre les personnages principaux. Ce fait donne une importance particulière à ces prédictions, les seuls mots de dialogue.
On voit la réaction de Julien vis-à-vis de la prédiction du cerf : la tristesse, l’effroi, une maladie qui dure peut-être plusieurs mois. Et enfin on entend la voix de Julien, quoiqu’il ne parle qu’à lui-même : “Non ! non ! non ! Je ne peux pas les tuer ! “
Et ici encore on voit un degré de parallélisme entre les deux parents, mais les circonstances des deux accidents sont un peu différentes. Julien laisse tomber l’épée qui faillit tuer son père, mais parce qu’elle est trop lourde. C’est un acte involontaire. Dans le cas de sa mère, Julien joue un rôle plus actif, parce qu’il lance le javelot qui faillit la tuer. La blancheur de la cible, que Julien prend pour une cigogne nous rappelle la souris blanche que Julien tue dans l’église. Dans ce cas-ci c’est les ailes du bonnet de sa mère qui sont blanches, mais on se rappelle que par rapport de la description physique de la châtelaine, l’écrivain ne nous donne qu’un seul mot : il écrit que c’était une femme blanche.